samedi 29 juin 2019

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CDM 2019 – Les USA brisent le rêve des Bleues

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Grâce à un doublé de Megan Rapinoe, les Etats-Unis ont éliminé la France 2 buts à 1 ce vendredi au Parc des Princes. Pour les Bleues, qui ont dominé la rencontre, c’est une nouvelle déception en quart de finale d’une grande compétition. La frustration est le sentiment qui domine ce samedi matin.

Il y avait une ambiance de dingue ce vendredi 28 juin au Parc des Princes. Plus de 45 000 personnes présentes, de nombreux supporters américains éparpillés un peu partout dans le stade, le chiffre de 10 000 a circulé, et des supporters français qui n’ont rien lâché, même après le coup de sifflet final.

Le match : frustrant

Pris par la vitesse de Megan Rapinoe, Griedge M’Bock, qui a été solide toute le reste de la partie, a commis la première grosse faute de la rencontre après un rush côté gauche de l’Américaine. Dès la 5e minute de jeu, la joueuse qui défie Donald Trump a ouvert la marque. Sa frappe mi-tir mi-centre a traversé tout le monde, Sarah Bouhaddi gênée par la densité de la foule était battue (1-0). Plutôt équilibrée, la partie était alors prise en main par les Bleues qui n’arrivaient pas à se créer d’occasions franches. Quelques frappes américaines que la gardienne des Bleues était en mesure de capter sans trop de danger venaient tout de même troubler la quiétude des supporters français.

En seconde période, plus les Bleues poussaient, plus leurs adversaires jouaient en contre. Et c’est par un décalage éclair que Rapinoe allait une nouvelle fois battre Bouhaddi. Bien lancée en profondeur par Alex Morgan, Tobin Heath apportait le surnombre et centrait vers l’attaquante américaine seule au 2e poteau, qui poussait le ballon au fond.

Les approximations françaises, qui dominaient toujours le match, ne leur permettaient pas de revenir. Pire, les Bleues encaissaient un 3e but sur une nouvelle contre-attaque, heureusement refusé pour une position de hors-jeu. C’est alors que Wendie Renard intervint. Souvent sauveuse des Bleues, la Martiniquaise profitait d’un coup franc millimétré de Gaëtane Thiney pour placer sa tête et le ballon au fond des filets (81e). Ce fut malheureusement pour la France le dernier but de la rencontre. La VAR se chargeait de doucher ses derniers espoirs en n’intervenant pas alors que sur un centre d’Amel Majri, le ballon avait clairement touché la main de Kelley O’Hara en pleine surface (85e).

Le jeu : frustrant

La frustration de cette élimination se retrouve dans le jeu. Car les Bleues ont clairement dominé cette rencontre mais ont encore failli dans l’efficacité. L’avant-dernier, le dernier geste… C’est encore et toujours la même rengaine. Statistiquement, les Bleues ont eu la possession du ballon à 60%. Mais sur leurs 20 tentatives de frappes, 5 tirs seulement ont été cadrés. Le ratio des Américaines est lui bien meilleur : 8 sur 10. La chance de scorer est donc forcément plus élevée. 

Autre élément frustrant, l’incapacité des Bleues à trouver des solutions tactiques face à une équipe regroupée. Car en seconde période, clairement, les Américaines ont joué bas, mais ont été très fortes et disciplinées dans leur positionnement pour empêcher les Françaises de frapper au but.

Transparente en première période, Eugénie Le Sommer s’est réveillée sur son côté gauche en seconde période mais son entente habituellement si cordiale avec Amel Majri a connu de nombreux ratés. Si Gaëtane Thiney a beaucoup couru, elle n’a pas réussi à apporter le petit plus qu’on attendait d’elle à un poste de meneuse de jeu. Seul son coup franc millimétré sur le but de Wendie Renard est le geste technique qu’on retiendra d’elle. Valérie Gauvain s’est elle aussi démenée, mais frustrée de ne pas recevoir plus le ballon, elle a trop souvent décroché, notamment en première période. Une première période qui a été aussi compliquée pour Marion Torrent, trop souvent esseulée sur son côté droit pour défendre sur Megan Rapinoe.

Les stats : frustrantes

On l’a déjà mentionné, les Bleues ont eu la possession de la balle durant cette rencontre et ont moins cadré de frappes que leurs adversaires. Dans le détail des 20 tirs français, 5 ont été cadrés donc, avec 1 seul but à la clé. 7 ont été contrés, ce qui prouve la densité défensive des Américaines. Et enfin, 8 ont été non cadrés. C’est beaucoup trop.

En ayant plus la balle, elles ont forcément moins couru, 103 km contre 105 km pour les Etats-Unis. Elles ont eu aussi plus d’occasions sur coups de pied arrêtés avec 7 corners contre seulement 3 pour les Américaines. 

Avec 79% de passes réussies, les Françaises dominent encore leurs adversaires sur ce point (66% pour les USA). Mais confrontées à deux lignes bien en place, les Bleues ont trop longtemps eu du mal à casser les rideaux défensifs sauf, une fois encore, par Kadidiatou Diani puis Delphine Cascarino après son entrée.

Le management : frustrant

Sans remettre en cause tout le travail accompli par Corinne Diacre depuis 2 ans, qui s’est nettement ressenti dans le jeu, on peut néanmoins se poser la question du management. A notre goût, il a été un peu trop tardif dans cette rencontre. Et encore une fois trop similaire aux autres matchs. Seulement 2 remplacements sur une telle rencontre, sous une telle chaleur, ce n’est pas normal. L’entrée de Delphine Cascarino (76e) à la place de Valérie Gauvin a été plutôt bonne, la jeune Lyonnaise a apporté un surplus de vitesse côté droit et a permis à Diani de se recentrer un peu. Mais l’entrée de Viviane Asseyi a été beaucoup trop tardive (82e). La Bordelaise n’a jamais pu se mettre en jambe et on ne l’a quasiment pas vu sur con côté gauche où elle avait remplacé Eugénie Le Sommer. 

Quid du système ? Face à une défense regroupée, Corinne Diacre a maintenu son système à deux milieux relayeuses avec Elise Bussaglia et Amandine Henry en espérant que la capitaine brise les lignes comme elle si bien le faire habituellement. Si elle s’est portée plusieurs fois aux avant-postes, c’est parce qu’elle a trop souvent pris le rôle de Gaëtane Thiney. L’entrée d’une Grâce Geyoro à ses côtés ou devant elle n’aurait peut-être pas été de trop dans cette rencontre pour la soulager de certaines tâches.

Dernier point à soulever : l’animation offensive. Se passer de Marie-Antoinette Katoto a été un choix fort pour ce mondial. Mais emmener Emelyne Laurent pour ne pas la faire jouer une seule minute est un peu dommage. Car hier, ce sont des atouts offensifs qui ont manqué aux Françaises. Un 3e changement n’aurait pas été de trop. L’entrée de l’attaquante Guingampaise ou celle de la Parisienne, meilleure buteuse de D1F cette saison, aurait pu élargir la palette de solutions pour la coach des Bleues.

L’arbitrage : frustrant

Si la faute de Griedge M’Bock était évidente, sortir un carton jaune après seulement quelques minutes de jeu pouvait avoir quelque chose de frustrant. Si cette faute amène au premier but, la reste de la partie a été globalement mal géré par l’arbitre Ukrainienne Kateryna Monzul. Avec 11 fautes durant cette rencontre, dont plusieurs tampons d’anti-jeu avérés, les Américaines n’ont reçu aucune « biscotte. »

Pire, l’utilisation de la VAR qui avait fait polémique lors du premier tour pour usage parfois excessif, a été sous utilisé hier soir. Sur un centre d’Amel Majri à la 85e minute, Kelley O’hara défend le bras décollé du corps et le ballon vient lui percuter clairement le bras. Si on a souvent défendu les défenseurs dans ce genre de cas car il est difficile de trouver son équilibre en pleine course en ayant les bras collés au corps, c’est l’utilisation, ou plutôt la non-utilisation de la vidéo que l’on peut déplorer. Car depuis le début de la compétition, des penaltys ont clairement été sifflés pour moins que ça, créant la polémique à chaque fois. Mais d’un point de vue logique, impossible d’imaginer que l’action n‘ait pas été revue dans le car régie prévu à cet effet, et que les arbitres assistants vidéo n’aient pas donné ces infos à l’arbitre centrale qui aurait pu et dû revoir les images et prendre sa propre décision ensuite… 

Frustrant jusqu’au bout.

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