samedi 30 août 2014

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B. Henriques : « Les écarts entre les club de D1F se réduisent »

Football - FFF - Brigitte Hneriques

Secrétaire générale de la Fédération Française de Football et « Madame » football féminin en France, Brigitte Henriques a répondu à nos questions lors de la présentation de la nouvelle saison. Division 1 mais aussi Coupe d’Europe et candidature à la Coupe du Monde 2019, on fait le tour complet.

On est aujourd’hui à la présentation de cette D1 féminine et d’une saison avec de grosses échéances comme la Coupe du monde. Comment voyez-vous cette saison 2014-2015 ?

Ce dont je me réjouis, c’est qu’il y a vraiment un écart qui se réduit entre les clubs. Avant on avait un ventre mou avec des écarts considérables et vous le savez bien des scores fleuves de 11, 12, 13-0. Franchement si vous regardez sur la saison dernière, il n’y en a pas eu beaucoup et ça veut dire qu’on progresse. Maintenant on progresse parce que les clubs se structurent, c’est un travail de longue haleine. On progresse également parce qu’on récolte les fruits et les progrès de la formation depuis 2000 : les joueuses des pôles alimentent petit à petit cette compétition. Il y a également un gros travail des clubs pour permettre aux joueuses de s’entraîner dans des conditions meilleures qu’avant. Je le disais tout à l’heure : je ne sais pas si j’aurai ma place aujourd’hui en Division 1 donc je me réjouis que cela progresse, qu’il y ait un écart de moins en moins important entre les clubs. Il va vraiment y avoir bataille en haut de tableau et ça c’est super parce qu’il y a Montpellier qui revient dans la course avec un recrutement intéressant, on sait que le Paris Saint-Germain a des ambitions très très élevées. Il y a également un sacré défi pour Lyon afin retrouver sa place de leader européen…

Justement en parlant de cette Coupe d’Europe. Si les deux équipes se qualifient pour le tour suivant, elles se rencontreront en 8èmes. Vous le prenez plutôt comme un avantage d’avoir une équipe en quart ou comme un point négatif en se disant que les deux équipes ont le potentiel pour aller plus loin toutes les deux ?

Je crois très sincèrement que ça arrive trop tôt. C’est vrai qu’on avait déjà eu des clubs français en demi-finale, c’était plutôt sympa. Souvenez-vous de Lyon contre Juvisy. Après c’est vrai que c’est un peu tôt après comme le disait Monsieur Faccioli de Lyon : « on aurait aimé que les deux équipes aillent plus loin dans la course » et j’ajoute « pourquoi pas une finale française ! » Ça, ça aurait été top. La demi-finale Lyon-Juvisy avait d’ailleurs été une superbe affiche et c’était il n’y a pas très longtemps. J’étais à Lyon et il y avait 22000 spectateurs dans le stade…

Ce sont les deux équipes les plus fortes du championnat actuellement, les mieux structurées. On peut imaginer qu’il y ait quand même une belle audience, une belle affluence et que ce match attire de nombreux regards et que ce soit une belle promotion du foot féminin français non ?

Je crois qu’aujourd’hui très franchement les autres pays européens nous envient. On est quand même le seul pays à avoir deux diffuseurs différents. Quand nous avons réuni à notre initiative les autres pays européens ici à la Fédération, ils n’en revenaient pas. Ils ont cru rêver tellement c’est quelque chose qui n’existe pas chez eux. Dans certains pays, ils n’ont même pas un seul diffuseur régulier et nous, nous avons une couverture sur quasiment l’ensemble des journées. Eurosport s’est également lancé en Allemagne juste après ce séminaire, donc l’Allemagne a aussi Eurosport comme diffuseur désormais. On se rend compte que les audiences sur la Division 1 féminine c’est vraiment pas mal. Parfois au-delà de nos espérances que ce soit sur Eurosport ou sur France Télévision donc bien évidemment sur une affiche comme celle-là entre l’Olympique Lyonnais et le Paris-Saint-Germain, on peut espérer faire un carton.

La France est candidate à la Coupe du Monde 2019, vous avez dit tout à l’heure que la France était prête pour cette organisation, pouvez-vous nous en dire un mot ?

Vous savez que c’est une idée du Président Le Graët ça ? Ce n’est pas moi qui ai poussé en allant dans son bureau. J’ai découvert lors d’un comité exécutif que mon Président était sur le coup, il a annoncé à tout le monde qu’il voulait organiser cette Coupe du Monde 2019. Maintenant ce qu’on peut dire c’est que nous travaillons activement sur ce dossier depuis que nous avons confirmé cette participation au mois d’avril. Nous avons des réunions quasi hebdomadaires sur le sujet. Quand je vous disais que nous étions prêts, c’est parce que nous sommes un des seuls pays internationaux à faire stade plein lors des matchs de notre équipe nationale. Nous arrivons à remplir des stades de 20-22000 personnes à chaque match. A part l’Allemagne, il n’y a quasiment personne qui fait ça et encore une fois sur la diffusion télé vous avez de jolis pics d’audience sur la Coupe du Monde 2011. C’était assez impressionnant alors que nous n’avions même pas gagné cette Coupe du monde. Donc nous sommes prêts sur ces deux points là mais également sur la capacité de la France à organiser des événements internationaux. Je crois que l’UEFA et la FIFA se réjouissent que la France soit candidate. En plus nous sortirons tout juste de l’Euro 2016 masculin, les stades seront prêts. Pas tous non plus car les exigences ne sont pas les mêmes que pour un événement féminin d’ailleurs…

Oui mais regardez, il y a des stades qui ont été rénovées comme celui de Reims qui vient de se porter candidat et qui répond déjà quasiment aux exigences et au cahier des charges…

C’est certain car les jauges ne sont pas les mêmes mais quand vous voyez que l’équipe de France de rugby remplir le stade Jean Bouin avec une demi-finale et une finale pour la troisième place, c’est quand même encourageant aussi pour nous donc si nous ne sommes pas prêts là je pense qu’on ne le saura jamais.

Pour les jauges des stades on peut considérer des clubs bas de ligue Ligue 1, stades de Ligue 2 ?

Exactement. Ce qui était important aussi comme vous l’avez souligné avec Reims, ce que ça ne soit pas des stades vétustes. Eventuellement des stades qui peuvent contribuer à l’Euro 2016 mais également des ligues et des districts dynamiques, des berceaux du football féminin comme Reims effectivement. Pour que tout le monde puisse profiter de cet engouement.

Votre intérêt sera-t-il également de couvrir largement le territoire pour offrir un maillage complet et faire profiter à tous de cette Coupe du monde ?

Alors très sincèrement les choses ne sont pas complètement arrêtées. Après il y a beaucoup de paramètres qui entrent en compte. Les exigences de la FIFA sont très conséquentes. Bien évidemment le but est de rayonner sur l’ensemble du territoire mais il y a des paramètres qui font que malheureusement on ne pourra pas satisfaire tout le monde.

Crédit photo : Pierre Metivier / Creative Commons

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