vendredi 8 septembre 2017

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US Open – Keys/Stephens : la relève américaine est en finale

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Madison Keys (22 ans, 16ème mondiale) face à Sloane Stephens (24 ans, 83ème mondiale) : si elle paraît suprenante sur le papier, l’affiche de la finale de l’US Open l’est nettement moins à la lumière du talent et des derniers tournois des deux joueuses.

Madison Keys s’était révélée aux yeux du monde lors de l’Open d’Australie 2015. Quelques jours avant ses 20 ans, elle avait atteint les demi-finales du Grand Chelem des antipodes après un parcours qui l’avait vue battre notamment Petra Kvitova et Venus Williams, seulement stoppée par la numéro 1 mondiale et future gagnante, Serena Williams. Cette même année, à Wimbledon, la jeune espoir américaine atteignait les quarts de finale. Elle termine l’année de la confirmation, 2016, à la huitième place mondiale mais doit être opérée deux fois au poignet gauche, ce qui l’amènera à manquer l’Open d’Australie début 2017.

Travaillant de nouveau avec Lindsay Davenport, Madison Keys a fait son retour à Indian Wells, en mars dernier, et si les mois qui ont suivi ont confirmé la guérison de son poignet, elle n’avait obtenu aucun résultat probant jusqu’à la tournée américaine. Au tournoi de Stanford, elle s’est imposée en battant Garbine Muguruza en demi-finales, puis sa compatriote CoCo Vandeweghe en finale. A Cincinnati, elle dispose à nouveau de Vandeweghe au premier tour, mais s’incline d’un souffle en huitièmes de finale devant Muguruza, qui l’emporte 7-6 au troisième set.

Beaucoup plus patiente dans le jeu qu’avant sa blessure, canalisant sa puissance pour faire moins de fautes, la 16ème mondiale est ainsi arrivée à New York en pleine confiance : sur la route de la finale, en ont notamment fait les frais Elina Svitolina en huitièmes de finale puis, une troisième fois cet été, CoCo Vandeweghe, balayée la nuit dernière 6-1 6-2.

En finale, elle sera opposée à Sloane Stephens, 24 ans, tombeuse de l’éternelle Venus Williams, qui visait une troisième finale en Grand Chelem en 2017. 

Comme Madison Keys, Stephens s’est révélée avant ses 20 ans, atteignant les demi- finales en Australie (après une victoire sur Serena Williams) et les quarts à Wimbledon en 2013. Elle avait cependant eu du mal à confirmer les espoirs qu’elle avait fait naître pour le tennis américain, réalisant des saisons 2014 et 2015 assez moyennes. La machine semblait relancée en 2016 mais une blessure au pied l’a obligée à mettre un terme à sa saison après les Jeux Olympiques de Rio.

La traversée du désert a duré 10 mois, puisque l’Américaine n’a effectué son retour qu’à Wimbledon cette année. Battue au premier tour, c’est elle aussi au cours de l’été américain qu’elle a retrouvé des couleurs. Demi-finaliste à Toronto (après des victoires sur Kvitova, Kerber et Safarova) puis à Cincinnati (où elle bat de nouveau Safarova et Kvitova), elle n’a cédé que face à Wozniacki et Halep.

Lors du dernier majeur de la saison, Roberta Vinci, finaliste ici en 2015, Dominika Cibulkova, Anastasija Sevastova (la tombeuse de Maria Sharapova) et Venus Williams ont cédé face à la résilience de celle qui était encore au-delà de la 900ème place mondiale il y a deux mois et devrait flirter au minimum avec le Top 20 lundi prochain.

Néanmoins, en six matches, la native de Fort Lauderdale a été poussée quatre fois aux trois sets, passant ainsi près de quatre heures de plus sur les courts (en comptant ses six matches de simple et son premier tour perdu en double dames) que sa future adversaire en finale. La fatigue pourrait bien jouer un rôle dans cette finale…

Au bout, un premier titre majeur pour l’une des deux joueuses, et, probablement, partie seulement remise pour la malheureuse. Quoi qu’il en soit, cette édition de l’US Open clôture une campagne en Grand Chelem 2017 porteuse d’espoirs. Serena Williams reviendra, mais nul doute qu’avec Muguruza, Keys, Stephens, Ostapenko (et les autres…) l’avenir du tennis féminin s’annonce passionnant. Vivement 2018 !

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