samedi 7 février 2015

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Caroline Boujard : « Le Tournoi des VI Nations ce n’est pas le TOP 8, il va falloir se bouger! »

En marge du match de l’USAP contre Lille le 24 janvier, nous avons rencontré Caroline Boujard, arrière de Perpignan. Tout comme sa capitaine Christelle Le Duff, elle est sortie « frustrée de cette rencontre fermée » mais nous a tout de même accordé du temps pour parler de sa jeune carrière, de son intégration à l’USAP, de sa sélection en Equipe de France, et bien sûr du Tournoi des VI Nations qui commence ce samedi 7 février.

Vous entendrez probablement parler d’elle dans un futur plus ou moins proche. Pour l’avoir vu joué dans son précédent club de Chilly-Mazarin (Challenge Armelle Auclair), Caroline Boujard peut être considérée à juste titre comme l’une des joueuses d’avenir du rugby féminin français. Capable du meilleur (et même d’erreurs de jeunesse qui ont pu mener au pire), elle peut être explosive et se jouer de ses adversaires à coup de raffuts, crochets et évitements.

Pour une mise en bouche, regardez ce magnifique essai marqué contre l’Angleterre lors du Tournoi des VI Nations U20 en 2013 (à partir de 0 :55 sec) :

Caroline, tu as été sélectionnée pour ton premier Tournoi en Equipe de France Senior, est ce que t’attendais à être dans la short list ?

Oui et non, je l’espérais mais je ne pensais pas y être car avec la Coupe du Monde, il y a eu beaucoup de concurrence. Mais du fait des contrats pro pour les filles du 7, ça laisse de la place. Tant mieux pour moi, j’ai été prise et maintenant il faut que je continue à bosser et que je garde ma place. Il y a déjà Jessy Tremouillère en numéro 15 (arrière) qui est excellente et titulaire. Il faut que j’arrive à m’imposer mais ça sous entend énormément de travail.

Et tu penses que tu as tapé dans l’œil du staff de l’équipe de France grâce à tes deux dernières saisons en U20 ?

Oui, j’ai eu la chance d’avoir fait une bonne performance en moins de 20 l’année dernière, et l’entraîneur est maintenant coach du XV cette année. Ils me connaissent donc ça a aidé mais j’espère qu’il m’a plus appelé pour ce que je donne sur un terrain en ce moment. Maintenant j’ai juste à faire mes preuves !

Tu es prête à bosser à fond ?

Oui il faut de toute façon. C’est déjà ce que je fais actuellement et je vais continuer sinon je n’atteindrai pas mes objectifs !

Donc là, ta carrière professionnelle c’est le rugby ?

Disons que ma vie tourne autour du rugby mais on est obligées de penser à une vie professionnelle à côté car on ne vie pas du rugby. Perpignan m’a aidé à avoir un contrat d’avenir, on est 4 ou 5 à être employées par l’USAP en contrat aidé. Je travaille avec l’infirmière libérale du club, donc les horaires de travail ne sont pas faciles mais j’ai trouvé mon équilibre et j’arrive à allier ce poste avec le rugby et ma vie familiale.

L’année dernière tu jouais à Chilly-Mazarin en Armelle Auclair. Comment es-tu arrivée à Perpignan, tu as été recrutée ?

C’est moi qui ai démarché l’USAP. Je voulais partir de chez moi, et surtout progresser rugbystiquement. L’Armelle Auclair c’est un bon championnat mais je voulais voir ce qu’il y avait au dessus.

Tu as été rapidement mise sur la feuille de match de l’USAP non ?

Oui, j’ai eu la chance que derrière il n’y ait personne donc j’ai pu jouer vite et j’ai su prouver mes qualités. J’arrive à être titulaire presque à tous les matchs, mais il y a d’autres filles derrière moi donc je ne veux pas me reposer sur mes lauriers pour ne pas repasser sur le banc !

Comment s’est passée ton arrivée à l’USAP ?

Très bien ! Au début un peu compliqué par rapport à mon contrat et mon installation, mais j’ai été bien épaulée. L’intégration dans le groupe s’est super bien passée, les filles m’ont directement mis bien. Il y avait une dizaine de nouvelles mais le groupe est top ! Je ne regrette pas du tout mon choix et je ne reviendrai pas en arrière. La vie est totalement différente de celle en région parisienne, il fait tout le temps beau, je peux aller à la plage, à la montagne….

Donc aucun regret d’avoir choisi Perpignan ?

Non aucun, je pensais à Montpellier aussi mais c’est plus le passif du club qui m’intéressait, la ville vie pour le rugby et c’est énorme !

Tu as ressenti la différence de niveau entre Armelle Auclair et Top 8 ?

Oui il y a une grande marche, il ne faut pas se voiler la face. Il y a beaucoup plus de jeu au pied pour gagner du terrain. Les passes sont plus appliquées, le niveau d’exigence est tellement plus élevé… Il y a aussi beaucoup de stratégie. Et même au niveau des avants, c’est plus rugueux.

Et comment vis-tu le fait de jouer avec des joueuses excellentes, qui commencent même à être connues du grand public comme Christelle Le Duff ou Elodie Guiglion ?

Je me sers de leur expérience, je leur demande beaucoup de conseils et elles m’épaulent aussi. Après je les vois comme des coéquipières et même des amies. On porte toutes le même maillot.

Tu peux nous parlez du Tournoi des VI Nations qui débute le 7 février ?

Il faut se préparer, les VI Nations c’est pas Lille, c’est pas Perpignan, c’est pas le championnat français. Le niveau est décuplé, il faut se bouger ! Les premiers matchs c’est Ecosse et Irlande. L’Ecosse reste une bonne équipe et l’Irlande reste une très très bonne équipe, qu’on va jouer chez elle en plus. Il va falloir se donner !

Quels sont tes points faibles, ceux où tu as envie de progresser ?

Mes réceptions de balles, mes passes et ma vision du jeu. Pour la vision de jeu, elle s’acquière pas mal avec l’expérience, mais il faut que je me force à bosser ça, à l’entrainement ou avec la vidéo. Il faut tenter de nouvelles choses à l’entrainement et beaucoup parler avec dans filles qui ont de l’expérience.

Que penses-tu de la médiatisation du rugby féminin ? Sens-tu la différence par rapport à tes débuts par exemple ?

Oui, la vague de la Coupe du Monde fait énormément de bien à la discipline, là on est diffusée à l’occasion de 24 heures du sport féminin mais France 4, qui est la chaîne qui suit le plus le rugby féminin, diffuse aussi un match de championnat, la finale du Top 8 et le Tournoi des VI nations.

Qu’en est-il du rugby à 7 ? Tu as le physique, ça ressemble à ton jeu…

Oui j’ai joué à 7 avec l’équipe d’Ile de France, j’ai fait quelques apparitions (stages) avec le groupe France sans avoir pu jouer malheureusement. Je vais continuer à travailler et j’espère qu’on me laissera ma chance. Maintenant, il y a Rio 2016, on sait bien que le groupe est fermé mais il faut viser les JO en 2020. Beaucoup de travail et on verra !

Certaines joueuses à 7 sont passées semi-professionnelles et ne font plus partie du XV de France même si elles ont joué la Coupe du Monde cet été. Pour ta part, tu privilégierais 7 ou 15 avec l’équipe de France ?

C’est dur car c’est vraiment différent. Le 7 est tellement plus physique, et pour le moment je ne suis pas assez bien physiquement. Donc pour le moment je répondrais le XV car de toute façon je ne suis pas appelée à 7 mais le jeu à 7 est plus mon jeu de prédilection : évitement, accélérations, crochets… Mais pour le moment je me donne à fond pour le XV !

Tournoi des 6 Nations 2015 :
07/02/2015 : France – Ecosse (Nantes – 14h00 / FRANCE 4)
13/02/2015 : Irlande – France (Ashbourne –20h30)
27/02/2015 : France – Pays de Galles (Montauban – 20h55 / FRANCE 4)
14/03/2015 : Italie – France (Badia – 14h30)
21/03/2015 : Angleterre – France (Brighton – 19h20 / FRANCE 4)

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