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vendredi 6 décembre 2013

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Handball – Mondial 2013 : les prétendantes au titre

Un match difficile pour les Serbes face au Japon a lancé les hostilités : les 24 équipes qualifiées pour les championnats du monde de handball vont s’affronter en Serbie, du 6 au 22 décembre pour tenter de remporter l’or. Tour d’horizon des forces en présences.

Les Françaises

Eliminées par le Monténégro en quart de finale de Jeux Olympiques parfaitement débutés, les Françaises sont passées à côté de l’Euro l’an dernier. La pente a été difficile à remonter et la qualification pour ce mondial, laborieuse : Alain Portes a été préféré à Olivier Krumbholz pour mener cette nouvelle campagne mondiale.

Fort d’un tournoi remporté à Paris le week-end passé (face au Japon, à la Tunisie et à la Roumanie), le nouveau technicien a dû composer avec maternités (Claudine Mendy, Camille Ayglon) et blessures (Blandine Dancette, Marie-Paule Gnabouyou) pour former son collectif. Il s’est reposé sur les cadres habituelles (Leynaud, Darleux, Pineau, Dembélé, Lacrabère, Baudoin, Signaté et Kamto), a rappelé des anciennes (Goudjo, Tounkara) et fait le pari de la jeunesse avec Alice Lévêque (UMB-B), Koumba Cissé (Fleury), Grâce Zaadi (Metz), Dounia Abdourahim (Toulon, non retenue pour les matchs de poule) et Gnonsiane Niombla (Fleury). On retrouvera aussi Audrey Deroin, Julie Goiorani et Audrey Bruneau qui ont encore leurs preuves à faire dans cette équipe de France.

Officiellement, les Femmes de Défis visent la qualification en huitièmes de finale : tombées dans un groupe où on retrouve la République Dominicaine et la République Démocratique du Congo, l’objectif sera sans doute rempli. Solide en défense, son plus gros atout, l’équipe française peut aller bien plus loin. D’autant qu’en attaque, Alain Portes a complètement changé la philosophie de jeu. « Plus Sudiste » comme il l’a annoncé sur RMC, le jeu des Bleues est désormais moins stéréotypé et moins stricte et plus basé sur la liberté de mouvements des joueuses. L’aile gauche est sûrement un secteur clé de l’attaque tricolore : Siraba Dembélé est aussi d’une efficacité redoutable en contre-attaque alors que Paule Baudoin a des statistiques inouïes aux jets de 7m. Face aux équipes les mieux armées, la France devra réussir à marquer à 9m : c’est le point faible des Bleues que Grâce Zaadi et Gnonsiane Niombla pourraient améliorer lorsque ça ne fonctionne pas pour Signaté ou Lacrabère. A moins qu’Alain Portes ne décide d’utiliser ses jeunes pour mener le jeu et libérer ses cadres. Quoi qu’il en soit, les talents sont là; le collectif semble se rôder, il reste l’aspect psychologique à gérer : le modeste objectif annoncé semble vouloir écarter la pression médiatique qui a tant perturbé cette équipe par le passé …

Les grands favoris

La Norvège

L’ultime favori. Difficile d’imaginer une seule équipe aller retirer leur titre aux reines du handball qui enchaînent les victoires en matchs de préparation (face à la Roumanie, la Russie, la Corée du Sud et les Pays-Bas). Portées par Heidi Løke, au sommet de son art, elles pourront notamment compter sur le retour de Nora Mørk : privée d’équipe nationale depuis son titre européen en 2010, la jeune gauchère, auteur d’un début de saison exceptionnel, risque bien d’exploser en Serbie. Katrine Lunde reste l’une des meilleures gardiennes du monde et certainement l’une des pièces maîtresse d’une potentielle victoire à Belgrade. Grande absente de la compétition, sa sœur Kristine attend un heureux événement.

Le Monténégro

Même sans la grande Bojana Popović, les Monténégrines vont faire mal lors de ces mondiaux. Sacrées championnes d’Europe en 2012, aux dépends de la Norvège, Jovanka Radicević, Katarina Bulatović, Milena Knežević et leurs co-équipières bénéficient d’un collectif jeune et solide dont les joueuses évoluent pour la plupart à Budućnost, club entraîné par le sélectionneur national, Dragan Adžić. La petite nation qui monte n’entend sûrement pas s’arrêter là.

Les nations historiques

Le Danemark

Champion d’Europe en 2002, champion olympique en 2000 et 2004, le Danemark n’est plus aussi grand qu’il y a 10 ans. Passées à côté de leurs JO (9èmes), les filles de Jan Pytlick se sont reconstruites depuis à l’image des clubs danois comme Team Tvis Holstebro  vainqueur de la coupe EHF en mai (Ann Grete Nørgaard, Kristina Kristiansen, Mette Gravholt) ou le FC Midtjylland qui vient de se qualifier pour le tour principal de la Ligue des Champions (Susan Thorsgaard, Line et Stine Jørgensen). Trine Troelsen fait cette fois les frais du rajeunissement de l’équipe tandis que la pivot Louise Spellerberg semble, après une brouille avec le sélectionneur, avoir tiré un trait définitif sur l’équipe nationale.

La Hongrie

Le scénario de la finale 2003 doit encore être dans un coin de la tête d’Anita Görbicz qui non contente d’avoir remporté la Ligue des Champions, ne cache pas ses ambitions. Après une troisième place à l’Euro, les Hongroises devront s’unir à nouveau pour fonctionner sans leur sélectionneur, Karl Erik Bohn, qui se remet d’une leucémie. Entre les ailières de Győr et les arrières de Ferencváros, cette équipe est taillée pour la victoire.

La Roumanie

Troisièmes aux championnats d’Europe en 2010, les Roumaines traversent une période difficile, ponctuée la saison dernière par la disparition du club phare de Valcea. La nation n’en reste pas moins pourvoyeuse de grands talents et pourrait bien briller par ses jeunes joueuses : Denisa Dedu dans les cages ou Luciana Marin à la mène. Avec le retour du « Messi » du handball, Cristina Neagu (blessure) et de son increvable ailière gauche Valentina Ardean-Elisei (maternité), la Roumanie pourrait bien écrire une belle page de son histoire.

L’Allemagne

Eliminée dès la phase de poules au Brésil, les Allemandes s’étaient vite rachetées en remportant la coupe du Président. Avec Clara Woltering et Susann Müller, impécables depuis le début de la saison, gageons que l’histoire tournera à leur avantage cette année.

Les outsiders

Le Brésil

Parmi les équipes non-européennes, celle du brésil est certainement la plus à même d’aller chercher les meilleures. Entraîné par Morten Soubak qui est aussi à la tête du club viennois d’Hypo, où évolue la plupart de sa sélection, le collectif brésilien pourra s’appuyer sur Alexandra Do Nascimento, meilleure joueuse 2012. Avec Eduarda Amorim sur la base arrière et Mayssa Pessoa dans les buts, on attend une équipe solide tant en attaque qu’en défense. L’ancienne gardienne d’Issy-paris aura par ailleurs la lourde tâche de remplacer Chana Masson, dont l’absence marquera ce mondial.

L’Espagne

Carmen Martin, l’intenable ailière droite sera-t-elle de la partie ? Tout juste remise d’une blessure, son club (Krim Ljubljana) menace de mettre un terme à son contrat en cas de participation aux mondiaux. L’équipe conserve malgré tout de sérieux atouts avec la doyenne Marta Mangué, la messine Lara Gonzalez ou encore sa gardienne fétiche, Silvia Navarro. Après l’échec de l’Euro, les Espagnoles auront à cœur de s’inscrire durablement parmi les nations qui comptent.

La Serbie

Le pays hôte a décroché une quatrième place à l’Euro qu’il avait déjà organisé l’an dernier. Sa capitaine Andrea Lekić a retrouvé son poste de demi-centre en club et pourrait se montrer plus menaçante encore. Avec le retour de Dragana Cvijić, l’équipe étoffe sa défense qui se fera ainsi plus rugueuse. Si le coaching est futé et efficace, on pourrait retrouver les Serbes très loin dans la compétition.

La Corée du Sud

Quatrièmes des derniers JO, les Coréennes sont un vrai poison pour les défenses européennes. Avec sa jeune et talentueuse arrière Ryu Eun-Hee, elles ont de quoi atteindre les huitièmes de finale sans aucun souci.

Les surprises

Les Pays-Bas

Avec Nycke Groot à la mène, les néerlandaises ont réussi l’exploit de se qualifier aux dépends de la grande Russie, sur un score confortable (voir par ailleurs). Privées d’Euro, les Dragonnes Yvette Broch et Ailly Luciano ont tout à gagner en Serbie.

L’Angola

Inlassablement, l’Angola est de toutes les compétitions. L’équipe qui évolue autour des sœurs Kiala, championne d’Afrique depuis 1998, elle sera un obstacle à ne pas négliger.

Les grands absents

Enfin, c’est par leur absence que brilleront certaines nations lors de ces mondiaux : victime de la France, la Croatie ne sera donc pas de la partie, tout comme la Suède. Humiliées à domicile (21-33) par les Pays-Bas, les Russes, quadruples championnes du Monde, n’auront pas la chance de reconquérir leur titre, perdu en 2011.

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