jeudi 18 juin 2015

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France-Mexique : l’analyse tactique

La victoire est obligatoire pour les Bleues lors de cette troisième rencontre. Lors du dernier match, les filles de Bergeroo se sont inclinées contre la Colombie (0-2). Cette fois-ci, le Mexique se dresse sur la route. Une victoire primordiale pour se qualifier en 8e de finale de la Coupe du Monde 2015. C’est chose faite et de belle manière (5-0). Retour sur la victoire en 3 points.

Des choix tactiques forts

Suite à la défaite contre la Colombie, les Françaises ont joué carte sur table : elles ronronnent. Il fallait du changement et Philippe Bergeroo a osé. Tout en gardant son 4-4-2 (se rapprochant d’un 4-2-3-1 très souvent), le sélectionneur national a fait des choix forts. Le 1er ? Exit Louisa Nécib ! La milieu gauche, très présente lors de la première mi-temps du dernier match, est remplacée par Amel Majri. Cette dernière est plus habituée à jouer en tant que latérale avec l’Olympique Lyonnais mais a été formée au milieu de terrain. C’est un choix tactique aussi de la part de Philippe Bergeroo. Il impose une vraie ailière, capable de dézoner, mais surtout aimant prendre la profondeur. L’idée est d’amener de la vitesse pour bouger l’arrière-garde adverse. Pour toutes ces raisons, Elodie Thomis est préférée à Kenza Dali. Cette dernière doit prendre la profondeur et mettre le feu. Le dernier choix est la titularisation de Marie-Laure Delie à place de Gaëtane Thiney ! Surprise alors que son duo avec Eugénie Le Sommer fonctionne parfaitement. Ce choix ainsi que l’absence de Louisa Nécib va permettre à la Bretonne de tourner autour de la Parisienne. Une idée intéressante.

La première occasion va donner raison au coach ! Jessica Houara cherche Elodie Thomis qui provoque. Elle centre, la gardienne repousse, mais Marie-Laure Delie est là pour conclure. Après 34 secondes, c’est le 2e but le plus rapide de l’histoire de la Coupe du Monde. Les Bleues se rassurent et Philippe Bergeroo savoure. En face, le 4-4-2 des Mexicaines ne change rien au plan des Tricolores. Les Nord-Américaines sont totalement dépassées. Le pressing français est étouffant, le bloc haut. Les coéquipières de Kenti Robles n’arrivent pas à imposer leur technique. Elles perdent quasiment tous leurs ballons, surtout lors du 1er acte. L’impact physique est parfait côté Français. L’entrejeu se régale. De surcroît, Eugénie Le Sommer vient souvent prêter main forte à son milieu de terrain. Amel Majri et Elodie Thomis font de même pour bloquer les ailières adverses. Le public est rassuré.

Offensivement, les Françaises sont dans un grand jour. Chaque accélération est synonyme de danger pour leurs adversaires. Surtout, les filles alternent jeu court et jeu long. Camille Abily n’hésite pas à allonger le jeu quand il le faut alors qu’Eugénie Le Sommer dézone pour jouer court et accélérer le tempo. Amel Majri montre sa palette : jeu en profondeur, prise de risque, accélération. Elle dézone au bon moment, fait les bons choix. Patrice Lair peut savourer. Quant à Marie-Laure Delie, elle sort le match parfait. En renard des surfaces, elle pèse sur la défense adverse et n’hésite pas à participer au jeu quand il le faut. Le premier acte est un récital. Les Françaises déroulent. Les Mexicaines sont dépassées. Les buts s’enchaînent. Le second sera bien plus tranquille. Les filles de Bergeroo s’appliqueront à garder le cuir tout en multipliant les attaques placées.

Amandine Henry, the Real MVP

Elle a éclaboussé la rencontre de son talent. Avec Camille Abily, la Nordiste a rendu une copie parfaite. À la récupération, Amandine Henry a su utiliser ses qualités à bon escient pour sublimer le jeu de son équipe. Grâce à son impact physique, la joueuse de l’OL a récupéré un nombre incalculable de ballons. Elle a accéléré le tempo grâce à son explosivité, tout en préservant l’équilibre de son équipe. Tandis que Camille Abily se régale avec des ouvertures et des transversales millimétrées, Amandine Henry est plus dans le jeu court. Mais comme sa comparse, elle est au second ballon et n’hésite pas à prendre sa chance ! À la 80e, elle récupère le cuir dans l’axe. Des 30 mètres, la Lyonnaise envoie une sacoche qui ôte la toile d’araignée de la lucarne gauche de la portière mexicaine.

Depuis des années, l’Equipe de France se cherche une leader dans l’entrejeu. Une joueuse capable de faire la différence, de changer un match grâce à sa niaque, son envie. Amandine Henry semble être celle-ci. Néanmoins, il ne faudrait pas s’enflammer. En face, ce n’était que le Mexique.

Eugénie Le Sommer, libre comme l’air

La Bretonne est une joueuse importante de cette équipe de France. Sous l’ère Bergeroo, Eugénie Le Sommer s’est imposée au poste d’attaquante en compagnie de Gaëtane Thiney. Sauf qu’aujourd’hui, cette dernière est sur le banc, tout comme Louisa Nécib. Les 2 changements tactiques permettent dès lors à l’ex-joueuse du Stade Briochin de jouer comme une vraie 9 et demi. Tout au long de la rencontre, elle va tourner autour d’une Marie-Laure Delie à l’aise en renard des surfaces. Mieux, Eugénie Le Sommer ne vas pas hésiter à redescendre pour aider son milieu de terrain en phase défensive. Cette dernière fait que des bons choix.

Avec des vraies ailières, elle a enfin la possibilité de se promener entre les lignes. Soutenue par Camille Abily (ou Amandine Henry), elle combine. Toujours face au jeu, elle accélère le jeu français. Eugénie Le Sommer a rendu une copie quasi-parfaite avec un doublé. Sa bonne prestation – avec un vrai rôle de catalyseur du jeu – pourrait-elle pousser Philippe Bergeroo à revoir ses plans et laisser Louisa Nécib sur le banc ? Réponse lors deu 8e de finale contre la Corée du Sud.

Par Charles Chevillard

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