mardi 27 février 2018

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PyeongChang 2018 – Le bilan complet des Bleues

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Les XXXIIIes Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang 2018 en Corée du Sud se sont terminés ce lundi 27 février avec le retour de la délégation française, le moment pour faire le bilan des tricolores engagées lors de ces JO.

Patinage artistique et danse sur glace : Un avenir radieux pour Papadakis et Cizeron

Engagés : Maé Bérénice Méité, Vanessa James et Morgan Ciprès, Marie-Jade Lauriault et Romain Le Gac, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron.

C’est vrai, on voyait Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron sur la plus haute marche du podium olympique. Mais des Canadiens excellents ainsi qu’un problème de costume auront eu raison de cette belle vision dorée. Certains diront que sans cette couture détachée dès les premières secondes de leur programme court, le jeune couple français aurait été paré d’or olympique en terre coréenne. Si la déception fut grande pour les doubles champions du monde, le recul leur a permis de voir l’exploit qu’ils venaient de réaliser. La dernière médaille remontait à 2002, où Marina Anissina et Gwendal Peizerat s’étaient imposés à Salt Lake City, là aussi en danse sur glace. Une médaille d’argent pour des premiers Jeux Olympiques à seulement 22 et 23 ans, beaucoup en auraient rêvé. C’est surtout une grande récompense qui vient conclure quatre années où les Français n’ont cessé d’impressionner le monde entier avec leur style sublime et unique.

Marie-Jade Lauriault et Romain Le Gac n’ont pas démérité eux non plus. Pour leur première expérience olympique, le couple classé 21e mondial a terminé 17e sur 20 en reprenant une place grâce au programme libre après avoir finit le programme court au 18e rang.

En patinage couple, Vanessa James et Morgan Ciprès ont tenu leur rang et finissent à une belle 5ème place, concluant ainsi leur magnifique saison olympique. Leur performance a été légèrement entachée par cette chute survenue lors de leur programme libre, mais devant eux, ce ne sont ni plus ni moins que les 3 médaillés des derniers mondiaux, ainsi que les Canadiens Meagan Duhamel et Eric Radford, doubles champions du monde. Les Français ont donc affirmé leur place dans le haut du tableau, eux qui n’avaient terminé qu’à la 10ème place à Sotchi il y a 4 ans et qui n’étaient que 8es des derniers championnats du monde.

Quant à l’épreuve dames, Maé Bérénice Méité ne disposait pas de difficultés techniques suffisantes pour pouvoir prétendre intégrer un top 10. Néanmoins, elle a délivré deux beaux programmes, pleins de force et de courage, elle qui a vécu un cycle olympique compliqué notamment en raison de blessures qui l’ont empêchée de revenir à son meilleur niveau.

Ski Alpin : déception et inquiétudes

Engagées : Tessa Worley, Adeline Baud-Mugnier, Taïna Barioz, Laura Gauche, Romane Miradoli, Anne-Sophie Barthet, Nastasia Noens.

Les espoirs d’une médaille étaient minces à l’aube de démarrer ces Jeux Olympiques, seule Tessa Worley semblait en mesure d’apporter la breloque. Mais la géantiste n’a jamais réussi à prendre la pleine mesure de la piste de Yongpyong alors qu’elle faisait clairement partie des favorites au vu de son début de saison en Coupe du Monde. Elle termine loin du podium, à la 7e place. Taïna Barioz (20e) et Adeline Baud-Mugnier (21e) n’ont pas réussi de miracle. Il n’y en a pas non plus eu sur l’autre épreuve technique, la meilleure slalomeuse française, Nastasia Noens, n’a pu faire mieux qu’une 20e place.

Du côté des épreuves de vitesse, les résultats sont à l’image de ceux en Coupe du Monde depuis plusieurs années c’est à dire loin des meilleures. Les descendeuses tricolores sont jeunes et la plupart vivait leur premier grand rendez-vous international. Quatre Françaises se classent parmi les 30 premières mais très loin du groupe de tête : Jennifer Piot (19e), Romane Miradoli (24e), Tiffany Gauthier (25e) et Anne-Sophie Barthet (26e). La meilleure performance est réalisée sur le combiné par Laura Gauche qui termine 12e. 

Les Bleues n’ont pas réussi à réaliser de grosses performances avec seulement un top 10 sur 5 épreuves. 

Ski de fond : des Bleues vaillantes

Engagées : Coraline Thomas-Hugue, Aurore Jean, Anouck Faivre-Picon, Delphine Claudel.

Les Bleues ne jouent pas dans la même cours que la Norvège ou la Suède mais les fondeuses tricolores ont joué leur va-tout sur toutes les courses. Avec trois athlètes ayant fait leur retour à la compétition il y a un an suite à une grossesse, le podium était difficilement accessible. Les Françaises ont évolué à leur niveau à PyeongChang. Anouck Faivre-Picon réalise le meilleur résultat du groupe France avec une 13e place le skiathlon alors que Coraline Thomas Hugue obtient la 14e du 10km. Un top 10 aurait été une belle récompense pour des Bleues qui se sont bien battues sur la piste d’Alpensia.

On espérait un exploit identique à celui de Sotchi en 2014 lorsque les françaises avaient pris la 4ème place du relais. Cette fois-ci, Aurore Jean et ses coéquipières ont terminé loin du top 4. La course avait mal démarré avec la première relayeuse qui a cassé l’un de ses battons, un incident qui a condamné le groupe à une 12e place. Pas d’exploit non plus sur le Team Sprint, le duo tricolore a dû se contenter de la 8e place.

Biathlon : l’expérience fait la différence

Engagées : Marie Dorin-Habert, Anaïs Bescond, Justine Braisaz, Anaïs Chevalier, Célia Aymonier.

Le bilan collectif du biathlon français féminin est plus que correct avec trois médailles. Sur le plan individuel, il y a moins de réjouissance avec des jeunes en difficulté, n’arrivant pas à évoluer à leur véritable niveau. Après un début de saison où elle a laissé exploser son potentiel, Justine Braisaz réalise des premiers Jeux Olympiques décevants mais à seulement 22 ans, le benjamine du groupe est encore en plein apprentissage notamment sur des grandes compétitions. Quant à Anaïs Chevalier, elle connaît plus de difficultés que la saison dernière notamment sur le tir et l’air coréen ne l’a pas aidée à retrouver sa réussite. Le bronze obtenu sur le relais féminin sauve leur olympiade et leur permet d’ouvrir leur palmarès olympique.

Marie Dorin Habert (31 ans) et Anaïs Bescond (30 ans) ont été les grandes dames de cette quinzaine. Avec trois médailles, « Nanass » a été la chef de file de cette équipe et sa moisson a démarré sur la poursuite avec une belle 3e place. Plus en difficulté sur les dernières courses individuelles, la Jurassienne a retrouvé son niveau sur les relais pour remporter son premier titre olympique en relais mixte et donc le bronze sur le relais féminin. Pour ses derniers Jeux Olympiques, Marie Dorin-Habert a garni son palmarès de deux médailles supplémentaires grâce aux relais, ses performances individuelles sont également remarquables pour une biathlète qui était en plein doute en janvier, malgré l’absence de podium.

Ski halfpipe : Martinod, quelle athlète !

Engagées : Anaïs Caradeux et Marie Martinod

Marie Martinod est éternelle ! A 33 ans et ayant repris sa carrière après avoir voulu arrêter sur sa médaille d’argent à Sotchi en 2014, la skieuse de Bourg Saint-Maurice a de nouveau décroché l’argent à PyeongChang. Régulièrement placée en Coupe du Monde et 8e mondiale, elle a tout donné dans des conditions particulières. En effet, sa famille lui a fait la bonne surprise de venir la soutenir, arrivant la veille de la compétition, alors que ce n’était pas du tout prévu. Sa fraîcheur et sa franchise en interview, resteront parmi les plus belles images de ces JO 2018.

Anaïs Caradeux a eux moins de chance. Si la française a réussi a se qualifier elle aussi pour la finale, une chute lors de son dernier run de qualification l’a blessé à l’œil. Si après cette chute, il semblait encore possible de s’aligner sur la finale, son œil a gonflé durant la nuit et sa visibilité réduite à droite l’a obligé à déclarer forait.

Short-Track : pas de miracle

Engagées : Véronique Pierron et Tifany Huot-Marchand

Les Françaises n’étaient pas favorites ni outsiders pour décrocher des médailles. A 23 ans seulement, Tifany Huot-Marchand n’a participé qu’à 2 séries sur les distances où elle était alignée. Sur le 500m, elle a terminé 3e de la 6e course et donc pas dans les deux places qualificatives pour la suite de la compétition. Idem sur le 1500m où elle a fini 4e de sa première course alors que les 3e premières se qualifiaient pour la suite.

Véronique Pierron a connu un peu plus de succès. Éliminée dès les premières série du 500m elle aussi, elle s’est hissé en demi-finale du 1500m où elle malheureusement terminée également à la place de première non qualifiée (5e). Sur le 1000m, elle a passé le premier tour en terminant 2e de sa série avant de finir 4e de son quart de finale où seules deux patineuses ont continué l’aventure.

Saut à ski : il y a encore du travail

Engagée : Lea Lemare et Lucile Morat

Pour ses premiers JO à seulement 16 ans, la jeune Lucile Morat était évidemment plus dans la découverte que dans l’esprit d’aller chercher une médaille. Pourtant, c’est bien elle qui a réalisé le meilleur score des Françaises. Qualifiée pour la finale, elle a terminée à la 21e place avec un saut à 86,5 mètres et un score final de 154,8 points.

Qualifiée elle aussi pour la finale, et malgré un saut plus long (93,5m) mais un moins bon score pour les juges, Léa Lemarre, 21 ans, a terminée à la 28e place sur 30.

Ski Cross : entre déceptions et tristesse

Engagée : Alizée Baron, Ophélie David et Marielle Berger-Sabbatel

Pour ses dernier Jeux Olympiques à plus de 41 ans, et 24 ans après sa première apparition en Ski Alpin pour la Hongrie à Lillehammer en 1994, Ophélie David n’a pas eu la sortie que son immense carrière et son immense palmarès en Ski Cross méritait. Gravement blessé au genou lors d’un entraînement juste avant le début de la compétition, la skieuse a dû déclarer forfait et n’a donc pu défendre ses chances, elle qui visait une médaille en Corée du Sud avant de mettre un terme à sa carrière.

Pour Marielle Berger-Sabbatel, le parcours s’est arrêté en quart de finale. La Française qui avait terminé 6e des Mondiaux 2017 et qui occupe le 5e rang mondial cette saison espérait certainement mieux qu’une sortie avant les demies. Alizé Baron peut être déçue elle aussi. Régulièrement placée en Coupe du Monde, la Française visait un médaille mais a loupé une porte lors de sa demi-finale et s’est donc vu éliminée. Elle a néanmoins réagit en terminant première de la petite finale, ce qui la place 5e du classement final de la discipline.

Ski de Bosses : Laffont à fond !

Engagées : Camille Cabrol et Perrine Laffont

Après s’être qualifiée pour la finale à Sotchi en 2014 à seulement 15 ans, Perrine Laffont a engrangé l’expérience des Jeux pour venir briller en Corée du Sud. Après avoir réalisé le meilleur score des qualifications avec 79,72 points, la Française a remporté la finale lors de son dernier run. Après la première manche, elle ne pointait qu’en 6e position avec 75,76 points. Lors de la 2e manche, elle haussait son niveau et terminait 3e avec 77,86 points. Après s’être élancée en 4e lors de la 3e manche, la Française a réalisé le meilleur score provisoire avec 78.65, assurant dans un premier temps une médaille de bronze puis attendant les scores et sorties de piste des autres skieuses pour finalement décrocher l’or olympique devant sa famille.

Moins de chance en revanche pour l’autre Française engagée. Camille Cabrol a terminé 16e et première non qualifiée pour la finale lors de la première manche de qualification. Il a fallu alors passer par la deuxième manche de repêchage, mais là encore, il s’en est fallu de peu pour qu’elle continue la compétition en terminant 12e alors qu’il fallait finir dans le top 10.

Ski Slopestyle : rendez-vous dans 4 ans

Engagées : Lou Barin et Tess Ledeux

Si Tess Ledeux était Championne du Monde en titre de Ski Slopestyle, il faut noter que ce titre est arrivé de manière très précoce dans la vie de la skieuse française. Sur le toit du monde à seulement 15 ans, la pression était sûrement trop grande pour être au rendez-vous des JO moins d’un an après. La Française est malheureusement sortie dès les qualifications en terminant 15e là où il fallait finir dans les 12 premières pour aller en finale. Gageons que cette expérience soit digérée au plus vite pour qu’elle confirme dans 4 ans.

Très loin au classement de la Coupe du Monde avec une 30e place, Lou Barin n’était clairement pas venue pour décrocher une médaille et elle n’a pas non plus passé le cap des qualifications en terminant 19e sur 23. A 19 ans, elle prend elle aussi rendez-vous pour les prochains JO.

Snowboardcross : la sensation Pereira De Sousa

Engagées : Nelly Moënne-Loccoz, Charlotte Bankes, Chloe Trespeush et Julia Pereira de Sousa Milabeau

S’il y a une discipline où les Françaises excellent cette saison, c’est bien le Snowboard Cross. Au classement de la Coupe du Monde, Chloé Tespeusch, Charlotte Bankes et Nelly Moënne-Loccoz occupent respectivement la 2e, la 3e et la 4e place. On attendait donc beaucoup de ces trois filles mais c’est Julia Pereira de Sousa Milabeau qui leur a volé la vedette. La jeune Française de 16 ans a décroché une médaille d’argent aussi inattendue que méritée ! 7e de la Coupe du Monde, elle est s’est hissée en finale où elle a terminé 2e à la surprise générale derrière l’italienne Michela Moioli.

Leader de cette délégation et médaillée de bronze à Sotchi en 2014, Chloé Trespeusch s’est elle aussi hissée en finale mais n’a pu faire mieux qu’une 5e place. Si les deux autres Françaises n’ont pas pu se battre jusqu’au bout, elles ont en tout cas brillé en ne lâchant rien et en allant disputer la petite finale qu’a remporté Charlotte Bankes, 7e donc du classement final, alors que Nelly Moënne-Loccoz a finit à la 4e place de cette manche, et donc 10e au final.

Snowboard Half-pipe : deux Françaises en finale

Engagées : Clémence Grimal, Mirabelle Thovex et Sophie Rodriguez

Clémence Grimal n’avait pas disputé de compétition depuis mars 2017 et les Championnats du Monde en Sierra Nevada (Espagne). Difficile donc d’arriver pleine de confiance sur les Jeux Olympiques. Elle n’a donc pas passé les deux manches de qualifications en finissant à la 24e et dernière place.

En revanche, Mirabelle Thovex, 10e mondiale, et Sophie Rodriguez, 28e, ont été cherché leur qualification pour la finale où elles ont terminé l’une derrière l’autre. Avec 63 points, Thovex finit à la 9e place alors que Rodiguez termine 10e avec 50,50 points. Loin, très loin de l’Américaine Chloé Kim qui a marqué ces JO et qui a scoré 98,25 points pour aller chercher l’or olympique.

Snowboard Slopestyle : pas de miracle

Engagée : Lucile Lefèvre

23e du classement de la Coupe du Monde, il n’y a pas eu de miracle pour la jeune Lucile Lefèvre qui vivait ses premiers JO à 22 ans. Sa meilleure performance cette saison était une 14e place en Coupe du Monde mais elle n’a pas su rééditer cette performance en terminant 25e sur 26 de la finale.

Par Alycia Santerre, Mona Pantel et Florian Polteau.

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