samedi 14 juillet 2018

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Wimbledon – Et de trois pour Angelique Kerber

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Après s’être affrontées en finale de l’Open d’Australie et de Wimbledon en 2016, Serena Williams et Angelique Kerber s’étaient une troisième fois donné rendez-vous lors de l’ultime match d’un Majeur. Si le gazon londonien avait été favorable à l’Américaine il y a deux ans, il a cette année souri à l’Allemande, vainqueur de son adversaire en deux petits sets (6-3 6-3).

24 fautes directes en 18 jeux : impossible, dans cette configuration, pour Serena Williams d’inquiéter Angelique Kerber, auteur d’un match très solide (seulement 5 fautes directes aujourd’hui).
L’exploit, pour l’Américaine, était déjà palpable : dix mois après avoir accouché, elle disputait seulement son 14ème match. Vainqueur de Julia Goerges en demi-finales, Serena Williams s’était extirpée d’une situation compliquée en quarts face à Camila Giorgi après avoir perdu le premier set, et avait d’un souffle battu Kristina Mladenovic au troisième tour : tous les espoirs étaient permis, néanmoins, en finale, Angelique Kerber s’annonçait un test bien plus difficile que les précédents.

L’Allemande avait, depuis le début du tournoi, douché les ambitions de la jeune génération : Claire Liu (18 ans), vainqueur de Wimbledon Juniors en 2017, Naomi Osaka (20 ans), Belinda Bencic (20 ans), Daria Kasatkina (21 ans, la seule à lui prendre un set) et Jelena Ostapenko (21 ans) en demi-finales, pratiquant un tennis autoritaire qu’on ne lui avait plus vu du début à la fin d’un tournoi depuis de longs mois, même si une demi-finale en Australie et un quart à Roland Garros avaient été des signes forts du retour en force de l’ancienne numéro 1 mondiale.

Et d’entrée, Angelique Kerber ne laissait pas place au doute, prenant l’avantage 2-0… avant de laisser Serena Williams débraker pour mener 3-2. Cinq jeux plus tard, à la faveur de quelques coups droit long de ligne dont elle a le secret, l’Allemande avait remporté le premier set (6-3) et pris l’avantage 1-0 dans le deuxième set. C’est encore un coup droit long de ligne qui offrait l’unique break du second set à Kerber, pour se détacher 4-2. A 5-2, il n’a fallu qu’une seule balle de match à l’Allemande pour l’emporter, sur un derniers revers dans le filet de l’Américaine.

Vainqueur de son premier Wimbledon, son troisième titre du Grand Chelem, Angelique Kerber s’est alors écroulée sur le gazon londonien, rejointe par Serena Williams pour une accolade pleine de respect.
Si le parcours de Serena Williams est admirable, que dire de celui d’Angelique Kerber ?
Après une année 2016 qui l’a vue disputer trois finales de Grand Chelem sur quatre, en remporter deux, atteindre la première place mondiale, l’Allemande avait été incapable de confirmer son éclosion tardive en 2017, retombant même hors du Top 20 pour la première fois depuis 2011. Mais depuis début 2018, elle semblait retrouver un meilleur niveau de jeu, récompensé par une demi-finale à l’Open d’Australie, où elle avait été battue par Simona Halep ) l’issue d’un match dantesque conclu 9-7 au troisième set, qui l’avait de nouveau éliminée à Roland Garros, au stade des quarts de finale cette fois. A Wimbledon, il n’y a pas eu de Simona Halep ; et en finale, Serena Williams n’était pas de taille. Pas aujourd’hui. Dans deux mois, à l’US Open ? Gageons que si les deux joueuses devaient à nouveau se rencontrer, sans présumer de son issue, l’affrontement serait d’un tout autre niveau.

Lundi, Angelique Kerber pointera à la 4ème place mondiale, derrière Simona Halep, Caroline Wozniacki et Sloane Stephens. Serena Williams, quant à elle, sera toute proche du Top 20 et n’aura pas besoin de traitement de faveur pour être tête de série lors du prochain US Open : pour compléter un peu plus sa légende, elle y sera en quête de son 24ème titre du Grand Chelem, pour égaler le record de Margaret Court. Avec ce qu’elle a montré au cours de ce tournoi, il y a peu de doutes : elle sera à New York une prétendante à la victoire, et l’une des principales favorites. 

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