mardi 19 mai 2015

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Roland Garros 2015 : Sharapova et les autres

L’état de forme des favorites et des Françaises, qui a brillé, qui a déçu : tout ce que vous devez savoir si vous avez raté les tournois de préparation à Roland Garros.

1. Maria Sharapova, candidate à sa propre succession

Titrée à Roland Garros en 2012 et 2014, la Russe, après des mois de février et mars en demi-teinte, a remis les pendules à l’heure ces deux dernières semaines. A Madrid, elle a atteint les demi-finales, battue par sa compatriote Svetlana Kuznetsova, une autre ancienne lauréate des Internationaux de France (en 2009) avant de remporter le tournoi de Rome. Redevenue n°2 mondiale aux dépens de la Roumaine Simona Halep, le doute n’est plus permis : la favorite, c’est elle.

2. Serena Williams, comme d’habitude

Avec « seulement » deux victoires, en 2002 et 2013, Roland Garros est le Grand Chelem qui réussit le moins à Serena Williams. La terre battue, la météo parisienne, la place du tournoi dans le calendrier ? Quelle qu’en soit la raison, la n°1 mondiale a moins de certitudes à Paris qu’ailleurs et ses résultats s’en ressentent. Cette année et comme toujours, le challenge pour l’Américaine sera de sortir indemne des premiers tours. Plus le tournoi avancera, et plus elle sera difficile à battre.

3. Carla Suarez Navarro, l’Espagnole qui monte

En 2008, Carla Suarez Navarro avait 20 ans et atteignait les quarts de finale de Roland Garros. L’Espagne imaginait alors avoir trouvé, peut-être, une héritière à Arantxa Sanchez. Il faudra pourtant attendre 2014 pour que la jeune femme atteigne à nouveau ce stade de la compétition. Bien installée dans les 20 premières mondiales depuis seulement 2013, l’Espagnole pointe aujourd’hui à la 8ème place du classement : un rang qui devrait la protéger jusqu’en quarts de finale. Après, il faudra passer un nouveau cap : battre les joueuses du top 5. Ses cinq dernières défaites sont l’œuvre de Serena Williams (n°1, 2 fois), Maria Sharapova (n°2), Simona Halep (n°3) et Caroline Wozniacki (n°5). Elle n’est pas passée loin de battre la Russe en finale à Rome, alors, pourquoi pas ?

4. Quelle Petra Kvitova à Paris ?

En ce qui concerne le talent, il n’y a pas de discussion possible : la gauchère tchèque joue les premiers rôles, ce qu’atteste son classement (n°4). Pour la constance, en revanche… Laquelle de ces deux facettes verra-t-on sur la terre battue parisienne ? La Kvitova qui a remporté le tournoi de Madrid récemment avec au passage des victoires sur Serena Williams et Svetlana Kuznetsova, ou bien la Kvitova peu convaincante du début d’année 2015 ? En 2012, elle avait atteint les demi-finales de Roland Garros, battue seulement par la future gagnante, Maria Sharapova. Les voyants semblent au vert pour rééditer cette performance, mais comme Serena Williams, Petra Kvitova n’est pas à l’abri d’un « jour sans ».

5. Simona Halep, pour confirmer

Désormais une valeur sûre du circuit féminin, Simona Halep fait partie des joueuses qui devraient être en deuxième semaine du tournoi. En 2014, battue à l’issue d’une finale dantesque par Maria Sharapova, la Roumaine n’avait jamais été si près de remporter un titre du Grand Chelem. Cependant, cette année, battue par Caroline Wozniacki à Stuttgart, Alizé Cornet à Madrid et Carla Suarez Navarro à Rome, la finaliste de l’édition 2014 aura fort à faire pour égaler son résultat de l’an dernier.

6. Caroline Wozniacki et Angélique Kerber, tout ou rien

Revenue à la 5ème place mondiale, Caroline Wozniacki a mis à profit les semaines passées avec Arantxa Sanchez. Plus mobile sur terre battue que par le passé, elle a réalisé une bonne saison sur terre battue mais est toujours vulnérable face aux joueuses plus agressives qu’elles, comme l’ont prouvé récemment Maria Sharapova à Madrid, Victoria Azarenka à Rome et Angélique Kerber en finale du tournoi de Stuttgart.

L’Allemande sera d’ailleurs une autre inconnue cette année : après ses titres à Charleston et à Stuttgart (et des victoires sur Madison Keys, Andrea Petkovic, Maria Sharapova ou Caroline Wozniacki), elle a échoué prématurément à Madrid et à Rome.

7. Victoria Azarenka sur le retour

Lentement mais sûrement, Victoria Azarenka revient sur le devant de la scène. Si aucun coup d’éclat n’est venu éclairer son come-back jusqu’à présent, la Biélorusse reste une joueuse dangereuse. Seulement battue par Maria Sharapova à Rome et Serena Williams à Madrid, elle est de nouveau installée dans les 30 premières mondiales, ce qui devrait lui permettre de franchir les premiers tours du tournoi parisien (et donner de l’air à certaines têtes de série, Caroline Wozniacki, battue trois fois cette année, en conviendra). Si égaler sa meilleure performance à Paris (demi-finaliste en 2013) sera compliqué, l’ex-numéro 1 mondiale aura beaucoup de points à engranger dans un tournoi qu’elle n’a pas disputé l’an dernier.

8. La nouvelle génération

Elles s’appellent Karolina Pliskova (23 ans, n°12, Eugénie Bouchard (n°6, 21 ans), Garbine Muguruza (n°21, 21 ans) ou encore Daria Gavrilova (n°45, 21 ans). Karolina Pliskova, bien installée dans le top 15, a remporté devant son public le tournoi de Prague. Le talent y est, le plus gros problème de la Tchèque restant son déplacement. Le jour où elle acceptera de courir du début à la fin du match et sur tous les points…

Eugénie Bouchard, qui avait fait une percée spectaculaire en 2014, arrive à Paris sans aucune certitude. Sur le court, elle n’a plus gagné deux matches consécutifs depuis le mois de mars, hors du court, son image a été écornée par l’affaire de la poignée de mains refusée en Fed Cup. Son seul bon résultat en 2015 est son quart de finale à l’Open d’Australie. L’an dernier, la Canadienne avait brillé en Grand Chelem et peu convaincu lors des autres tournois. Espérons pour elle que Roland Garros la remette sur les rails : avec une demi-finale à défendre à Paris puis une finale à Wimbledon les semaines qui suivront, la chute au classement pourrait être vertigineuse.

Garbine Muguruza s’était révélée il y a tout juste un an en éliminant Serena Williams au troisième tour de Roland Garros, avant d’atteindre les quarts de finale. Cette année, elle compte seulement trois victoires sur terre battue en 2015 (dont deux sur des adversaires bien moins classées qu’elle). A 21 ans, la jeune Espagnole a tout le temps de confirmer les espoirs placés en elle : dès cette année ?

Daria Gavrilova était inconnue de beaucoup jusqu’à ces derniers jours. Demi-finaliste du tournoi de Rome après être sortie des qualifications, la Russe, future Australienne, a notamment battu Belinda Bencic, un autre grand espoir du tennis féminin, Ana Ivanovic et Timea Bacsinszky avant de buter sur Maria Sharapova, qu’elle avait par ailleurs battue cette année à Miami. Celle qui est désormais 45ème mondiale a tout d’une grande (sauf la taille) : le talent et le culot. Reste à trouver un peu plus de constance, mais les progrès de ce côté sont déjà immenses en à peine quelques mois. Gageons qu’aucune tête de série ne sera ravie de la trouver dans sa partie de tableau à Paris.

9. Les anciennes lauréates du tournoi

Vainqueur en 2011, l’Italienne Francesca Schiavone aura 34 ans fin juin. Retombée à la 92ème place mondiale, elle n’a plus passé un tour en Grand Chelem depuis 2013 à… Roland Garros. 

Svetlana Kuznetsova, à presque 30 ans, collectionne les bons résultats à Roland Garros. Quart de finaliste lors des deux dernières éditions, récente finaliste à Madrid, la Russe, 18ème mondiale, sera à surveiller.

Enfin, Ana Ivanovic n’a plus dépassé les huitièmes de finale depuis son titre en 2008. Battue par Daria Gabrilova à Rome, Carla Suarez Navarro à Madrid et Caroline Garcia à Stuttgart, la Serbe peine à retrouver le niveau qui fut le sien, malgré une 7ème place mondiale.

10. Et les Françaises ?

Dix Françaises, auxquelles viendront peut-être s’ajouter des Bleues issues des qualifications, disputeront Roland Garros. L’an dernier, Pauline Parmentier (29 ans, 94ème) avait été la seule Française à atteindre les huitièmes de finale du tournoi parisien. Alizé Cornet (25 ans, 29ème), Caroline Garcia (21 ans, 31ème) et Kristina Mladenovic (22 ans, 54ème) n’ont jamais dépassé le troisième tour. Sur le papier, toutes les quatre ont la possibilité d’arriver en deuxième semaine. Caroline Garcia, qui a porté l’équipe de France lors de la rencontre de Fed Cup en Italie (et sur terre battue) et Alizé Cornet, brillante vainqueur de Simona Halep à Madrid, sans être capable de confirmer au tour suivant, devraient être les meilleures chances françaises. A suivre…

De son côté, Océane Dodin (19 ans, 138ème, WC) participe aux Internationaux de France pour la première fois. Lors de l’Open d’Australie, pour sa première participation, la Française était parvenue à passer un tour  avec une victoire sur Alison Riske, 40ème mondiale.

On suivra également Virginie Razzano (32 ans, 238ème), Mathilde Johansson (30 ans, 225ème), Alizé Lim (24 ans, 286ème), Amandine Hesse (22 ans, 261ème) et Fiona Ferro(18 ans, 326ème).

Toutefois, le meilleur résultat français de cette édition de Roland Garros viendra très certainement du double dames : associée à Timea Babos, Kristina Mladenovic vient tout juste de remporter le tournoi de Rome, aux dépens de la paire n°1 mondiale, Sania Mirza et Martina Hingis, et pointe au 5ème rang mondial. Dans ce même tournoi, Caroline Garcia et Katarina Srebotnik ont atteint les demi-finales.

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