jeudi 11 avril 2013

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Amélie Mauresmo a « confiance en son groupe »

Marion Bartoli

Pour affronter le Kazakhstan, à Besançon, les 20 et 21 avril prochains, Amélie Mauresmo a décidé de retenir quatre joueuses : Marion Bartoli, Alizé Cornet, Kristina Mladenovic et Caroline Garcia qui fera ses grands débuts en équipe de France. L’objectif est de taille : assurer le maintien des Bleues dans le groupe Mondial 2 et, au-delà de ça, construire une équipe capable de réintégrer l’élite. Explications.

– Amélie, quelle est votre sélection pour affronter le Kazakhstan, les 20 et 21 avril ?
– Je vais partir avec quatre joueuses : Marion Bartoli, Alizé Cornet, Kristina Mladenovic et Caroline Garcia.

– Pouvez-vous nous expliquer vos choix : le fait de ne partir qu’à quatre joueuses et de retenir Caroline Garcia pour la première fois ?
– Aujourd’hui, je sais que j’ai une joueuse, Mathilde Johansson, qui est en plein milieu de sa saison sur terre, mais sur laquelle on pourra compter en cas de besoin, afin par exemple de suppléer une éventuelle blessure. Ne partir qu’avec quatre filles est donc un risque mesuré. Je me suis évidemment basé sur ce que j’ai pu observer à Miami, lors des matches ou à l’entraînement, et sur l’expérience de chacune. J’avais depuis un petit moment le souhait d’intégrer Caroline (Garcia). Elle a bien joué à Charleston, elle a un jeu assez malléable sur toutes les surfaces. Et elle représente, au même titre qu’une Alizé (Cornet) ou qu’une Kristina (Mladenovic), le futur de cette équipe de France. Je la suis, avec tout le staff France, depuis le stage hivernal. Au vu de son potentiel, de son évolution, je me dis que c’est le moment. J’avais déjà longuement hésité lors du premier tour, mais les circonstances étaient un peu différentes. Aujourd’hui, le moment est venu pour elle. On est aussi bien sur l’enjeu à court terme de cette rencontre face au Kazakhstan, que sur une envie de construction de l’avenir.

– Marion Bartoli est dans une phase de transition pas forcément évidente. Qu’en pensez-vous ?
– Elle est forcément dans une période un peu instable pour elle. Quand on fait de gros changements au niveau de sa structure, alors qu’on a fonctionné d’une seule et même manière pendant des années, c’est forcément perturbant. Elle est dans une phase où elle cherche quel pourrait être désormais son mode de fonctionnement idéal. Ce n’est pas évident. Elle a besoin d’un peu de temps.

– Son niveau de jeu ces derniers temps vous inquiète-t-il ?
– C’est vrai qu’elle peut évoluer à un niveau plus élevé. Elle en est capable. Elle connaît de bonnes périodes, mais a du mal à trouver de la constance en compétition. Cette semaine, puis la semaine prochaine au sein du groupe France, elle devra retrouver de la confiance par rapport à ses forces. A nous de trouver les solutions. Ce qui est sûr, c’est que je lui donne toute ma confiance pour faire partie de ce groupe.

– Pensez-vous que le fait de revenir en Fed Cup puisse lui faire du bien justement ?
– Je l’espère. Je pense vraiment qu’elle va toucher du doigt des choses, que ce soit en termes d’appartenance, d’émotion ou de reconnaissance, qu’elle n’a peut-être pas l’habitude de ressentir. On verra qui jouera sur le week-end, mais j’espère qu’un jour elle pourra connaître ces sensations-là.

– Pour revenir au premier tour face à l’Allemagne, avez-vous digéré facilement la défaite ?
– Oui, avec le recul. Parce qu’honnêtement, on était en-dessous. Cela ne laisse donc pas un goût amer. Pour autant, je me pose des questions, je me remets en question, j’essaie d’avancer avec le groupe. J’avoue que c’était important pour moi de vivre cette première rencontre, et sur la chaise, et sur mon rôle de capitaine tout au long de la semaine. Je pense qu’il y a des choses à faire évoluer tranquillement. Au-delà de ça, je suis en train de prendre la mesure de ce rôle dans sa globalité sur l’année, et de rentrer tranquillement dans le costume. Cela se prépare, mais ça se vit également. C’est comme ça qu’on évolue.

– Justement, avez-vous tiré des leçons de cette première rencontre ?
– Sur le court avec les filles, globalement, le retour est positif. C’est une bonne chose. Après, j’ai mon naturel aussi. Il ne s’agit pas de jouer un rôle et de se forcer, mais de s’adapter à chacune. Pour l’instant, je n’ai eu que deux joueuses sur la chaise, plus Alizé (Cornet) en double avec Kristina (Mladenovic). Il faut voir avec tout le monde, en parler en amont évidemment en voyant comment chacune fonctionne. Mais ça, c’est le boulot de capitaine justement !

– Face au Kazakhstan, on peut parler de match couperet. Y a-t-il une pression particulière ?
– Oui, c’est un match couperet. Le résultat est important pour nous toutes. Nous sommes des compétitrices. Et on fera tout dans la préparation et pendant le week-end pour aller chercher le maintien. Maintenant, je m’inscris de plus en plus dans un projet à moyen terme. Mon objectif est, un jour, de regagner cette Fed Cup, avec une équipe qui ne sera peut-être pas si loin que celle qui va se déplacer à Besançon. Le message que je vais leur faire passer est vraiment d’être dans cette construction-là. Evidemment, on a cette échéance à court terme. Il n’y a aucune ambiguïté sur le fait qu’on va préparer ça du mieux possible, qu’on va essayer de mettre toutes les chances de notre côté. Et on donnera tout sur le terrain. Mais quelque part, ce n’est pas une fin en soi. Tout cela est dans ma tête de capitaine, même si bien entendu, sur le moment, je ne penserai plus à tout ça… C’est la difficulté d’un projet qui doit allier le court et le moyen, voire le long terme. Aujourd’hui, je suis dans cette phase qui est d’essayer de concilier les deux.

– Cette phase qui passe par le maintien…
– Cela passe évidemment par le maintien. C’est évidemment notre objectif, c’est ce que j’ai affiché quand j’ai pris mes fonctions. Mais il ne faut pas perdre de vue le côté « Je construis un groupe et une équipe ». Mon objectif en prenant le poste est un objectif à moyen terme. Mais plus on se rapproche des rencontres, plus je me remets dans le présent et dans la victoire sur le moment. Ce n’est pas si évident que ça.

– Et sentez-vous vos joueuses prêtes à surmonter tout cela ?
– Oui, j’ai confiance en ce groupe. J’ai confiance dans ces quatre joueuses, mais également dans celles susceptibles de faire partie du groupe lors d’une prochaine rencontre. Je sais qu’elles vont répondre présentes du mieux qu’elles pourront. Et finalement, c’est ce que je leur demande : être disponible pour cette équipe de France en donnant le meilleur d’elles-mêmes.

– Et selon vous, quelles sera la clé de la rencontre ?
– C’est compliqué. Je pense que si on a ce groupe soudé, avec des filles qui évoluent avec le couteau entre les dents, avec une envie, une intensité et une abnégation énormes sur le terrain, j’espère qu’on pourra passer. J’espère évidemment que tout le monde va évoluer à son meilleur niveau, mais je sais que ce n’est pas toujours évident, ni pour nous, ni pour les autres. Ce que je veux, c’est vraiment cette espèce d’abnégation, point après point, au fil de cette rencontre.

– Et que pensez-vous de votre adversaire, le Kazakhstan. On peut dire que c’était plutôt un bon tirage…
– Il y avait la Pologne qui était le « pire », puis venait le Kazakhstan. On a donc évité les sœurs Radwanska, mais on a quand même une équipe avec notamment Yaroslava Shvedova qui fait partie du Top 40. Je ne sais pas quelle sera la clé de la rencontre, ce que je sais c’est qu’on va tout mettre en place pour être au taquet. Le double peut s’avérer important. Et avec Kristina (Mladenovic) qui vient de gagner en double à Charleston, on a une joueuse qui sent très bien les choses et qui a déjà un bon palmarès en double malgré son jeune âge. On a également Alizé (Cornet) qui joue régulièrement en double elle aussi, et peut-être d’autres combinaisons possibles. Sur les simples, il est trop tôt pour avoir une vision très claire des choses.

– Quand votre équipe va-t-elle se retrouver ?
– On va se retrouver petit à petit, à partir de vendredi, pour celles qui seront déjà opérationnelles. Puis, au plus tard, on sera toutes dimanche soir à Besançon pour effectuer la préparation sur place et resserrer le groupe.

Propos recueillis par la Fédération Française de Tennis.

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