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dimanche 22 décembre 2013

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Mondial Hand 2013 – A qui le premier titre ?

Quelque soit l’issue de la finale des Championnats du Monde 2013, ça sera une grande première pour le pays titré. Retour sur une épopée de 15 jours pour le Brésil et la Serbie sur qui peu auraient misé début décembre.

Un groupe B à la physionomie différente

Le fait est suffisamment rare pour être souligné : parmi les 4 nations qualifiées pour les demi-finales, 3 étaient issues du même groupe B. Le Brésil, la Serbie et le Danemark s’étaient tous trois déjà affrontés en phase de poule et classés dans cet ordre. Avant le mondial, on parlait des deux premiers comme les outsiders de la compétition : tombés dans le groupe sans doute le plus homogène, ils ont réussi à monter en puissance pour éliminer leurs adversaires un à un. Contrairement à d’autres nations, ils n’ont que rarement eu la possibilité de jouer en sous-régime : en dominant leurs adversaires sans le moindre efforts, certaines équipes n’ont pas eu les ressources nécessaires pour se mobiliser au moment venu, lors de matchs plus compliqués.

Le Brésil : le pays non-européen qui monte

Après une 5ème place prometteuse lors de leur mondial en 2011, les Brésiliennes se sont inclinées en quart de finale des JO, face à la Norvège alors en grande difficulté. Cette année, elles ont débuté doucement face à une Algérie et une Chine modestes : ironiquement, leur premier test a été la Serbie, qu’elles ont battu sur le fil, grâce au réveil d’Eduarda Amorim et à la prestation impeccable de Mayssa Pessoa (38% depuis le début de la compétition). A ses côtés dans les buts, Barbara Arenhart (43%) qui en fermant ses cages à double tour face au Danemark, a permis à son pays de créer un petit exploit, après avoir été légèrement accroché par les Japonaises. Nous sommes en dernière journée de la phase de poule, le Brésil est invaincu et commence à être pris très au sérieux. En huitièmes, puis en quart, c’est encore de la portière que viendra le salut : des arrêts à répétition aidés par une défense rugueuse, les adversaires sont déroutés et sombrent psychologiquement, à l’image de la Hongrie qui avait pourtant le match en main. Il ne reste alors plus qu’à des joueuses de talent de faire le job en attaque : à ce petit jeu, Alexandra Do Nascimento (48 buts), Fernanda Da Silva (30 buts) et Ana Rodriguez (35 buts) déroulent. Plus discrètes, Eduarda Amorim (31 buts) et Samira Rocha n’en restent pas moins indispensables, elles qui ont su s’intégrer dans la partie de l’équipe rodée avec le club d’Hypo.

La Serbie : une envie démultipliée par une affluence record

Bien plus que le Brésil, la Serbie s’est souvent fait peur : lors de l’ouverture face au Japon, plus tard face au Danemark, et encore après contre la Corée du Sud et la Norvège. A chaque fois, le même déclencheur : une Katarina Tomašević aux statistiques affolantes (42%), qui permet à l’attaque de se remettre dans le droit chemin. Portée par une Andrea Lekić (42 buts) bien meilleure qu’à l’Euro dernier, l’équipe a su trouver Dragana Cvijić (18 buts dont 8 face à la Norvège) : la pivot de Budućnost a simplement réalisé certains des meilleurs matchs de sa carrière. En ajoutant les toujours régulières Sanja Damnjanović (42 buts) et Katarina Krpež (22 buts), ces Serbes là ont été décrocher leurs victoires au forceps et à la sueur de leur front. Seul faux-pas lors des phases de poules … la défaite contre le Brésil. Ce jour-là, plus encore que Lekić, c’est Tomašević qui avait fait faux-bond à ses co-équipières, avec ses 15% de réussite seulement, elle avait été remplacée par sa doublure. Une dépendance que les Serbes pourrait encore payer très cher.

Ce qui fera la différence

En poules, c’est le Brésil qui a pris le meilleur. Cependant, les choses ont évolué et si on attend plus de 18000 supporters dans l’arena Kombank de Belgrade, on peut déjà imaginer l’ambiance nettement plus hostile que trouveront les filles de Morten Soubak. Des deux côtés, le jeu dépendra beaucoup des performances des gardiennes : avantage au Brésil qui possède deux joueuses d’exception rentrées dans leur mondial contrairement à la Serbie qui n’a que très peu utilisé Jovana Risović depuis le début. A la mène, la Serbie pourra compter sur Andrea Lekić, candidate au titre de meilleure joueuse IHF 2013 : en cas de pépin (légèrement blessée en demi-finale, Lekić jouera néanmoins), Kristina Liščević peut prendre la relève mais elle non plus n’a pas eu énormément de temps de jeu depuis le début, une stratégie que Saša Bosković pourrait regretter amèrement. Côté sud-américain, Morten Soubak a plusieurs solutions avec sa base arrière polyvalente (Ana Rodrigues ou Eduarda Amorim à la mène). Le public d’un côté, une profondeur de banc supérieure de l’autre : la différence pourrait aussi se faire sur la défense. Avec 92 minutes passées en infériorité numérique et 25 cartons jaunes, le Brésil possède la défense la plus grossière de ces championnats : si la Serbie se défend bien sur le nombre de cartons, elle n’a reçu que 25 pénalités … une différence non négligeable qui donnera aux arbitres un rôle clé dans la victoire finale. Qu’importe l’issue, ce mondial aura été une réussite en termes d’affluence lors des matchs du pays hôte : il dénote aussi une ouverture du handball hors de ses contrées historiques et ne peut que amener les gros comme la Norvège, la France ou le Monténégro à s’investir davantage pour ne pas connaître les mêmes mésaventures lors du prochain Euro qui se tiendra en Croatie et en Hongrie en décembre 2014.

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