vendredi 7 septembre 2012

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Gaëtane Thiney sur tous les fronts

Alors que la saison reprend dimanche pour les joueuses de D1, Gaëtane Thiney jouera un nouveau rôle sur le terrain médiatique. L’ambassadrice du footbal féminin français sera consultante cette saison pour Eurosport, une fonction qui vient s’ajouter à sa mission au sein de la DTN où elle est en charge du développement du foot en milieu scolaire.

En deux ans, l’existence de Gaëtane Thiney a bien changé. A bientôt 27 ans (le 28 octobre, NDLR) l’attaquante de Jusivy est devenue la joueuse que l’on s’arrache, au propre comme au figuré. Ainsi, mardi dernier, lors de la présentation de la nouvelle saison de D1 féminine qui débutera dimanche (Juvisy recevra Arras, un promu à 15 heures), la vice-capitaine de l’équipe de France a été – à son insu – à l’ogirine d’un petit incident. Alors qu’elle se prêtait au jeu de l’interiew avec trois journalistes, un reporter de France Télévision (qui diffusera le championnat de France de D1 cette saison) s’est agacé : « Vous avez l’intention de la lâcher à un moment donné ou pas. J’en ai pour deux minutes, c’est pour Stade 2. Ca fait trois quart d’heures que vous la monopoliser (en réalité cela faisait à peine 10 minutes) ». Le plus drôle, c’est qu’on serait prêt à parier qu’il y a encore six mois, le journaliste de France 2 ne savait même pas qui était la jeune footballeuse. Mais il faut croire qu’avec la médiatisation qui entoure aujourd’hui le football féminin, ce genre de scène est amené à se répéter. Oui, désormais, on s’arrache Gaêtane Thiney, véritable tête de gondole du football féminin.

« Je dis souvent ce que je pense »

Jeune, jolie, loquace, l’attaquante de Juvisy a tout pour plaire aux médias comme elle le souligne quand on l’interroge sur son nouveau statut d’icone. « Dans un sport collectif il y a des ambassadeurs, des ambassadrices. C’est vrai que beaucoup de médias m’apprécient, admet Thiney. Je suis aussi médiatisée par ma situation géographique car je vis à Paris. J’ai un franc parler je dis souvent ce que je pense ». Comment vit-elle cette exposition ? « Je le vis bien. Pour cela, il faut se structurer – c’est ce que j’ai fait – et surtout ne pas se retirer de la tête que la chose le plus important, c’est le terrain. Il faut donc savoir dire non et limiter les choses. Des sollicitations, on en a énormément. Si je voulais, des plateaux télé j’en ferais tous les jours, mais cela nuirait à ma performance. Cela ne me conviendrait pas », jure-t-elle.

Cette saison, celle qui a débuté en D1 avec Saint-Memmie va pourtant se lancer dans une nouvelle aventure puisqu’elle va prendre ses quartiers sur Eurosport où elle interviendra néanmoins avec parcimonie. « J’ai fait Cfoot l’année dernière. Cette année Eurosport m’a demandé d’être leur témoin surtout sur du football masculin car je ne me permettrais pas de juger les matches des autres équipes contre lesquelles je joue ainsi que mes coéquipières en équipe de France, explique la native de Troyes. Mes interventions sur le football féminin seront uniquemet sur les compétitions de jeunes. On est sur la base d’une ou deux émissions par mois ce qui me permet de respecter l’important : être performante sur le terrain, répète-t-elle. A Eurosport, ils savent que j’ai un emploi du temps à suivre et que j’ai besoin d’avoir un peu de liberté ».

« C’est important d’avoir une double vie »

Au-delà du football sous le maillot de Juvisy et celui de l’équipe de France, avec laquelle elle reprendra les éliminatoies de l’Euro 2013 le 15 septembre face à l’Irlande, Gaëtane Thiney occupe aussi le poste de conseillère technique à la direction technique nationale. « Je suis chef de projet. Ma mission consiste à développer le football en milieu scolaire. Avec Patrick Pion et François Blaquart (le DTN) on discute pour mettre en place le projet qui va s’apdapter sur le plan national. On va se rencontrer en fin de semaine pour peaufiner ce projet qui est assez important ». Cette mission lui tient à coeur car Gaëtane Thiney l’avoue sans détour cela lui plaît d’être « reconnue pour d’autres compétences que celles de footballeuse ».

Cela sert aussi de bulle d’air à celle qui se destinait à être professeur de sport et qui a obtenu son diplôme en mai 2010. « Pour moi c’est un équilibre car cela me permet d’avoir autre chose que le foot, confie-t-elle. Alors oui je suis à la FFF mais dans mon quotidien mon travail, c’est autre chose que de faire du football et dans mon équilibre c’est très important d’avoir une double vie : une vie football et un vie professionnelle », sourit la belle auboise dont le planning est toutefois calqué sur sa vie de footballeuse. « Etre à la Fédération, être cadre d’état me permet d’avoir du temps pour faire mes stages, pour récupérer, reprend-elle. En général je me réveille à 7 heures, le temps de me préparer, car je mets beaucoup de temps, j’arrive à 9 heures à la FFF. J’ai mon bureau à la DTN. Je fais ma journée et ensuite j’essaie d’être à l’heure à l’entraînement donc je repars vers 18 heures maximum car il faut prendre en compte les bouchons. Mon entraînement commence à 19h30 et se finit à 21h30. Je suis chez moi à 22h ».

« Je souhaite rester dans un club familial »

Malgré cette emploi du temps bien rempli et comme elle l’a souvent répété, Gaëtane Thiney garde en tête son vrai objectif, remporter des titres cette saison. Cette été les solliciations ont évidemment été nombreuses, mais l’attaquante a choisi de poursuivre sa carrière à Juvisy. « Quand on a la chance de jouer le titre de champion de France contre Lyon et d’être qualifiées pour la Ligue des champions, on a du mal à trouver un club qui a plus d’ambition que Juvisy, se justifie-t-elle. Les ambitions pour partir de ce club sont financières et actuellement je souhaite rester dans un club familial et je prends du plaisir à m’entraîner, à jouer. Mon quotidien est plus qu’idéal car il y a une ambiance familiale et cela me convient particulièrement bien », assure-t-elle avant de conclure sur ses ambitions sportive cette année avec le club essonnien où elle va entamer sa 5e saison. « Etre championnes de France, on peut le faire. Gagner la Coupe de France, finir dans le dernier carré et pourquoi pas quatrième de la Ligue des champions » lâche-t-elle dans un éclat de rire se référant aux quatrièmes places des Bleues au Mondial puis aux JO, comme pour tenter de conjurer le mauvais sort.

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