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mardi 14 août 2012

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Dumerc : « Que le basket féminin continue à toucher les étoiles ! »

La star de l’équipe de France de basket durant les Jeux Olympiques, c’est elle : Céline Dumerc. A 30 ans – un cap qu’elle redoutait pourtant – elle a atteint un niveau de jeu exceptionnel comme elle l’a prouvé durant toute la compétition. Présente, comme dix de ses coéquipières vice-championnes olympiques (et Pierre Vincent, le sélectionneur), ce mardi après-midi, dans un grand hôtel parisien de la Porte Maillot (Paris 17e) pour une rencontre avec la presse, la capitaine tricolore s’est confiée à Femmes de sport.

Comment s’est passé le retour de Londres, vous n’êtes pas trop fatiguée…

Ah si ! On est épuisées, exténuées. Ça fait trois soirs qu’on n’a pas fait une nuit  complète donc c’est difficile. Mais des moments comme ceux-là, il faut savoir les savourer, en profiter. On en profite avec l’équipe de France de basket mais  ce fut aussi le cas avec tous les athlètes de la délégation. Ce sont des instants supers.  Nous avons vraiment partagé de bons moments, c’est plutôt agréable.

Comment avez-vous vécu tout l’engouement sur les Champs-Elysées, lundi à votre retour ?

Pour Pékin, il n’y avait pas ça. Il y avait dix fois plus de monde hier. C’est incroyable. Je sais que ce sont tous les sportifs français qui ont fait qu’il y avait un tel engouement mais j’ai entendu mon nom dans la foule. Tu te dis : « Comment ils connaissent le basket féminin ». C’est quand même incroyable. On ne s’en rend pas forcément compte de ce qu’on a fait et comment on a marqué les esprits durant cette quinzaine. J’espère que ça va continuer et qu’on va surfer sur cette vague.

De Londres, vous ne vous rendiez pas compte de cet engouement ?

Non car on était dans notre bulle. Même si on regarde internet et les journaux, ce n’est pas pareil, on n’a pas le retour véritablement. On nous le dit mais on ne se rend pas compte. En arrivant sur Paris on se dit « ah oui c’est vrai ! »

« Les gens nous apprécient, c’est touchant »

Pouvez-vous nous raconter ce que vous avez ressenti quand vous avez vu cette foule sur les Champs-Elysées ?

Je me suis dit : « On est des rock stars » (rires). C’était incroyable. Quand tu entends ton nom scandé, tu te dis, « ce n’est pas possible, comment ils me connaissent ? » Normalement, le basket féminin, personne ne connait. J’en avais la chair de poule… Les trois bus, les gens qui crient, qui applaudissent. Il n’y a pas de mots pour décrire ces sensations, c’est vraiment (elle s’interrompt) plein de bonnes émotions, de joie.

Est-ce c’est l’image que renvoie l’équipe qui est à l’origine de tout cela ?

On était comme des enfants, pour nous ce genre d’engouement autour du basket féminin n’est jamais arrêté. On était toutes comme des gamines en train de se demander si  c’était pour nous,  de se pincer. On est des gens normaux. C’est vrai qu’on a fait une belle performance aux Jeux Olympiques mais on y a mis le même engagement que ce qu’on a fait depuis des années en portant ce maillot de l’équipe de France. On n’a pas changé, ce n’est pas le résultat qui va nous faire changer mais les gens ont eu l’occasion de nous voir. Le fait qu’ils nous apprécient, c’est touchant.

Est-ce que le fait que l’équipe de France de football masculine ait déçu au début de l’été, lors de l’Euro 2012, joue aussi en votre faveur ?

C’est possible. On parle beaucoup des footeux, et pas toujours en bien en ce moment. On parle beaucoup trop de foot en général donc si effectivement nous on peut essayer de rebondir sur ça… Le malheur des uns fait le bonheur des autres comme on dit. Mais je ne me fais pas de souci, le foot masculin ne s’écroulera pas. Profitons-en et montrons une bonne image. On ne joue pas un rôle, c’est qui on est réellement. On ne changera rien.

« J’étais droguée aux anneaux olympiques »

Sur un plan personnel, vous faites des JO de folie, que s’est-il passé ?

Je ne sais pas, j’étais possédée, droguée aux anneaux olympiques (rires). Je n’avais pas la médaille en tête mais j’avais envie de prendre du plaisir, du bonheur, d’être dans ce monde de sportif de haut niveau. J’ai joué libérée et il y a des choses qui se sont passées qui ont été extraordinaires. Ça rend mon tournoi encore plus spécial.  Si on n’avait pas gagné, mes performances ne m’auraient pas touchées, maintenant le fait qu’on ait une médaille et que j’ai réalisé de bonnes performances me rendent fière.

Vous saviez-vous capable d’évoluer à ce niveau-là ?

Non. Sincèrement non, au contraire, ces dernières années, je n’étais pas très bien. Une carrière ça fait comme une montagne.  Je pensais avoir déjà touché le sommet et que j’étais sur la pente descendante avec mes trente ans, et ces deux années où je ne suis pas très bien. J’étais assez finie… (On sent l’émotion la gagner, sa voix a moins d’assurance) Le fait de retoucher les étoiles c’est sympa, c’est un beau clin d’oeil, cela me touche énormément car je ne suis pas quelqu’un qui a tendance à se la raconter donc je suis contente.

Pourquoi le cap des 30 ans est-il aussi important ?

Parce que 30 ans, c’est bientôt la fin d’une carrière.  Pour la vie de tous les jours, on dit que ce sont les plus belles années de femme, mais pour une sportive de haut niveau c’est plutôt la fin.  Or, aujourd’hui je suis avant tout une athlète, je me précipite vers la fin donc si je pouvais arrêter le temps ça m’arrangerait pour profiter un peu plus de ma carrière.

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